Apple et App Store guideline 4.2.6

Ecrit par le Mercredi 20 Septembre 2017

Apple et App Store guideline 4.2.6
Au cours de l'été 2017, la création et la gestion des apps iOS avec GoodBarber a été perturbée. Ces perturbations font suite à un changement opéré par Apple dans les règles de publication des apps dans l'App Store. Cela n'a eu aucun impact sur la création d'apps Android et sur la création de Progressive Webs Apps, en dehors de la suspension temporaire des migrations V3 / V4.

Ce blog post retrace la chronologie précise des évènements et précise les conséquences des nouvelles règles d'Apple sur l'offre commerciale de GoodBarber.

Juin 2017

Le 8 juin 2017, Apple ajoute la règle 4.2.6 dans ses guidelines de publication pour l’App Store. 

"4.2.6 -  Apps created from a commercialized template or app generation service will be rejected." Les applications créées à partir d'une template commerciale ou d'un service de génération d'apps seront rejetées.

La règle 4.2.6 a été insérée à la fin de la section "4.2 Design > Minimum Functionality". Nous avons interprété cet ajout comme un moyen de modérer les apps pauvres, équivalentes à un site vitrine, sans réel usage récurrent de la part de l'utilisateur final. Le 21 juin 2017, Techcrunch publie un article qui donne une interprétation similaire. Techcrunch écrit que le but de cette règle est de permettre de supprimer de l’App Store les clones, le spam et toutes les apps qui cherchent à tromper l'utilisateur. 

GoodBarber et ses clients continuent leurs activités comme ils l'ont toujours fait.

Distribution publique des apps natives

Chaque store possède des systèmes de review dont le but premier est de protéger les utilisateurs finaux des apps au contenu adulte, haineux, et des malware. 

Sur Android, pour distribuer publiquement une app, il existe des alternatives à Google Play (installation directe, store alternatif)

Sur iOS, l’App Store est l’unique moyen de diffuser de manière publique une app.

Juillet 2017

Le 21 juillet 2017, Apple refuse la dernière mise à jour de l’application My Goodbarber, et nous contacte par téléphone pour nous dire que conformément à la nouvelle règle, les applications actuellement créées avec GoodBarber seront rejetées. C'est effectivement ce qui s'est produit à partir de cette date. 

Nous avons été très surpris par le contenu de l'appel téléphonique d'Apple. Une personne de la Review Team nous a expliqué :

- qu'Apple ne souhaitait plus qu'un utilisateur puisse disposer d'un outil en ligne pour récupérer un binaire (fichier .ipa contenant l'app) et l'envoyer à l'équipe de review; 
- que la production d'apps en masse était un problème; 
- que les applications créées avec un App Builder sont considérées comme du spam, car elles possèdent toutes la même template.

Néanmoins, la Review Team maintient qu’Apple serait très heureux que GoodBarber continue d’envoyer des apps à condition qu’elles soient personnalisées pour en faire des apps uniques.

Pour répondre aux exigences d'Apple, GoodBarber opère les modifications suivantes :

- Le client n’a plus accès au fichier .ipa permettant la distribution dans l’App Store (pour la version iOS de GoodBarber)
- L’offre reseller illimitée disparaît du portail commercial (pour iOS)

Parallèlement, nous prenons des mesures immédiates de précaution. Nous préférons éviter de mettre inutilement nos clients dans une situation difficile :

- Nous stoppons les migrations V3/V4. La migration implique la soumission d'un update de l'app dans l'App Store. A cet instant, il n'y a aucune garantie quant à l'acceptation des mises à jour. 
- Nous stoppons les compilations pour iOS. Plus aucun utilisateur n’est en mesure de récupérer un fichier .ipa pour soumettre une nouvelle app ou bien mettre à jour une app existante. 
- Dans le back office, nous créons une page dédiée à iOS pour communiquer sur les évènements avec nos clients. Cette page est mise à jour aussi fréquemment que possible. 

Pour obtenir plus d'explication sur cette décision, nous avons contacté le responsable des relations avec les développeurs chez Apple. Il connaît bien GoodBarber. Cela fait 5 ans que nous recueillons au moins une fois par an son feedback sur les évolutions de notre produit. Il pense que nous avons les moyens de trouver une solution, car nous sommes un partenaire sérieux. En revanche, il nous précise que les décisions sont prises par la Review Team uniquement.

Le 25 juillet 2017, nous envoyons un premier document formalisé à Apple qui explique comment GoodBarber va à présent fonctionner afin de prendre en compte toutes les exigences de la review team. 
A partir de cette date, il a été très difficile d'obtenir un avis sur les différents éléments que nous avons produit pour expliquer les changements que nous opérions. Malgré l’insistance de nos demandes, il s’est passé un temps très long avant que nous puissions obtenir un engagement de la part d’Apple. 

Nous effectuons des vérifications sur la qualité des 15 000 Apps iOS créées avec GoodBarber. Notre but est de détecter d’éventuels spammers. Aucun Spam, mais parmi les comptes resellers, certains créent des apps quasi identiques. 

Une partie de notre base client est constituée de 800 resellers en activité. La majorité sont des agences spécialisées dans la création d'apps et de sites. 10 d'entres elles ont plus de 100 apps iOS créées avec GoodBarber. Sur ces dix, seulement 2 ont un taux d’acceptation des apps dans l'App Store situé entre 80% et 90%, les autres ont un taux supérieur à 90%.

Nous constatons aussi qu’Apple utilise parfois la règle 4.3 - Spam  pour rejeter les apps des resellers qui effectuent toutes leurs publication depuis leur propre compte développeur, pas celui de leur client.

Août 2017

Nous essayons de joindre régulièrement Apple, mais la situation ne progresse pas. Durant les brefs échanges que nous avons réussi à obtenir, nous constatons que les propositions que nous avons formulées n'ont pas encore été étudiées. 
La review team se limite à nous redire ce contre quoi elle s'oppose :
- les online tools qui permettent de récupérer un .ipa
- la production de masse
- les apps copycat
- l'utilisation de templates

Apple nous précise quelles sont les options envisageables :
a/ produire des apps personnalisées et uniques.
b/ regrouper des apps similaires dans une app conteneur. 
c/ faire des web apps et les distribuer en dehors de l'App Store.

a/ Calibrage du processus d'assurance qualité. Apps uniques.

Nous n'avons toujours aucune assurance que les applications de nos clients soient acceptées. Nous maintenons donc la fermeture des compilations. Nous proposons à quelques clients que nos équipes interviennent sur leur projet. Notre but est de tester le processus d'assurance qualité que nous avons conçu en Juillet. Nous intervenons sur le design et sur les fonctionnalités des apps pour les rendre uniques et nous les soumettons à Apple.

A ce stade, seulement 47% des soumissions et re-soumissions du mois d'Août sont acceptées, et nous recueillons des informations pour tenter de répondre à nos interrogations :
- Unicité des apps ? La V4 de GoodBarber possède un système modulaire permettant 64! combinaisons (factoriel 64 = plusieurs milliards) pour personnaliser les apps. Ce système permet d'éviter que 2 apps soient similaires. 
- Utilisation de template ? Les templates permettent de respecter des concepts ergonomiques. Une app de news peut-elle se passer d'une présentation d'articles en liste ? Une app de boutique doit-elle renoncer à mettre son panier en haut à droite ?

b/ App conteneur

Le sujet de l'app conteneur n'avait pas été abordé en Juillet par Apple. Nous en parlons avec nos resellers. Ceux qui opèrent dans une niche bien délimitée nous disent que cette solution peut avoir du sens. Certains nous disent même avoir obtenu d'Apple la possibilité de continuer à mettre jour les apps déjà acceptées dans l'App Store, le temps d'effectuer une transition vers ce type de solution.

c/ Web app

Lors d'un refus dans le cadre de la règle 4.2.6, Apple encourage certains projets à basculer en web apps. Bien avant la 4.2.6, GoodBarber a fait le pari des Progressive Web Apps. Elles représentent une énorme opportunité. Voilà 2 ans que nous avons investi de façon intense dans cette voie. Depuis Avril 2017, GoodBarber est le premier PWA builder au monde à commercialiser une offre. Les PWA sont une alternative crédible aux apps natives. Les technologies web avancent vite. Sur Android, l'utilisation des service workers dans Chrome permet de consulter la web app offline, de recevoir des notifications push et de l'installer facilement sur l'écran d'accueil. En revanche, sur iOS, bien que les PWA s'affichent parfaitement sur Safari, les services workers ne sont pas encore supportés, donc pour l'instant la consultation offline par ce biais et la réception des notifications push ne sont pas possibles. Apple a néanmoins annoncé début Août avoir commencé à travailler sur l'implémentation des services workers dans Safari.

Néanmoins, nos interlocuteurs chez Apple n'avaient aucune information à nous donner concernant le support des push pour les web apps; et si celui-ci coïnciderait avec le support des services workers. La seule certitude, c'est qu'il faudra posséder un compte développeur Apple pour disposer des notifications push dans sa web app, comme c'est déjà le cas avec Safari sur OSX.

Autres app builders et communication de crise

Apple insiste sur le fait qu'il n'y aura pas d'exception à l'application de la règle 4.2.6.

Nous lisons ça et là que des concurrents directs ne sont pas impactés par la règle 4.2.6. Nous menons nos propres tests. C'est largement faux. En revanche, ceux qui utilisent des technologies non natives (cordova en particulier) sont plus difficilement repérés par Apple. Nous échangeons avec les CEO d'autres app builders, même les services ultra spécialisés qui produisent 300 apps par an sont impactés.

Notre communication durant cette période de crise a été transparente. A aucun moment nous n'avons prétendu, contrairement à certains concurrents, n'avoir aucun problème. Certains nous ont reproché de ne pas communiquer assez, même pour ne rien dire. Nous aurions pu évoquer nos différentes hypothèses et nos analyses de la situation. Nous avons préféré rester concentrés sur la résolution du problème. A chaque fois que nous avons eu une information fiable et communicable, nous l'avons partagée avec nos clients. 

Septembre 2017

Au début du mois, nous avons une vision plus précise de l'impact de la règle 4.2.6 sur notre business. Nous constatons une baisse de 30% sur les nouveaux abonnements sur la période du mois d’Août. C'est une conséquence du blocage en cours de la partie dédiée à iOS sur la plateforme.

Nous poursuivons le travail amorcé en Août sur la re-définition de la Road Map et de l'offre commerciale de GoodBarber.

Le 7 septembre, au cours d'une ultime discussion avec l'équipe de review, la situation évolue positivement. Nous trouvons une solution convenable pour les clients existants. Apple autorise la mise à jour des apps qui sont déjà validées dans l'App Store. Cela veut dire que les clients de GoodBarber ayant déjà une app dans l’App Store peuvent la mettre à jour sans tomber sous le coup d’une 4.2.6. En effet, lendemain plusieurs mises à jour d’apps, certaines en attente depuis des semaines, ont été validées. 

Nous ré-ouvrons progressivement les backoffices pour permettre la compilation et la soumission des mises à jour des apps iOS déjà publiées. Nous ré-activons progressivement les migrations V3/V4.

Nous finalisons actuellement la nouvelle version du portail GoodBarber. Sa mise en ligne est prévue le 25 septembre. A cette date, l'offre commerciale de GoodBarber va changer. Elle va refléter l'impact de la règle 4.2.6 sur notre business. Voici 3 points principaux :

1/ Les clients existants, qui possèdent une app iOS déjà publiée dans l'App Store, peuvent continuer à maintenir et à mettre à jour leur app. Apple nous garantit qu'ils ne seront pas impactés par la règle 4.2.6. L’abonnement qu’ils ont déjà souscrit ne change pas.

2/ Pour la distribution d’une nouvelle app iOS dans l’App Store (y compris pour les reseller), GoodBarber effectuera une review, afin de maximiser les chances d’acceptation par Apple. Des frais sont appliqués en cas de succès.

3/ L’offre reseller illimité perdure pour Android et pour les PWA, sans surcoût. En revanche, sur iOS elle n’est disponible que pour une distribution en dehors de l’App Store, possible avec un compte développeur entreprise (Apple Developer Enterprise Program).

L'avenir appartient aux apps

Aujourd’hui, en terme d’usage les apps représentent 90% du temps passé sur smartphone mais le web est encore plus populaire en ayant 3x fois plus de trafic. 

On assiste à une convergence entre app et site web grâce aux Progressive Web Apps (PWA). Elles apportent une expérience similaire aux apps natives dans de nombreux cas tout en apportant la visibilité et la facilité d’accès du web. Les OS comme Android et Windows les traitent à égalité avec les apps natives en allant jusqu’à leur permettre de bénéficier de fonctionnalités jusque là réservées aux apps natives, comme les notifications push. 

Nous sommes aussi très excités par Instant App d’Android qui offre la possibilité de streamer une app et l’utiliser avant de l’avoir installée.  

Plusieurs voies technologiques sont donc ouvertes pour le futur des apps et il est difficile de prédire quelle option l’emportera. Mais une chose est acquise, c’est que la démocratisation des apps est un phénomène de fond, auquel les app builders comme GoodBarber ont largement contribué, en divisant par 10 le coût de possession.

Contrairement à un site web, la distribution d'une application native au grand public n'est pas libre et immédiate. Elle doit passer par le Store. Si pour l'achat d'un nom de domaine il y avait eu un contrôle systématique du site web associé, le web serait-il meilleur aujourd'hui ? Nous ne le croyons pas. 
Les Stores doivent bien sûr protéger l’utilisateur contre les malware et les contenus abusifs mais de part leur importance, ils ont le devoir de conserver les grandes avancées du web et notamment sa neutralité.

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